Littérature africaine #2- Lagos Lady de Leye Adenle

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Résumé du livre

Mauvaise idée de sortir seul quand on est blanc et qu’on ne connaît rien ni personne à Lagos ; Guy Collins l’apprend à ses dépens, juste devant le Ronnie’s, où il découvre avec la foule effarée le corps d’une prostituée aux seins coupés. En bon journaliste, il aime les scoops, mais celui-là risque bien de lui coûter cher : la police l’embarque et le boucle dans une cellule surpeuplée, en attendant de statuer sur son sort.

Le sort, c’est Amaka, une splendide Nigériane, ange gardien des filles de la rue, qui, le prenant pour un reporter de la bbc, lui sauve la mise, à condition qu’il enquête sur cette vague d’assassinats. Entraîné dans une sombre histoire de juju, la sorcellerie du cru, notre journaliste se demande ce qu’il est venu faire dans cette galère, tandis qu’Amaka mène la danse en épatante femme d’action au milieu des notables pervers.

Hôtels chics, bars de seconde zone, jungle, bordels, embouteillages et planques en tout genre, Lagos bouillonne nuit et jour dans la frénésie highlife ; les riches font tinter des coupes de champagne sur Victoria Island pendant que les pauvres s’entretuent à l’arme lourde dans les bas quartiers.

Un polar survolté et drôle qui plonge au cœur de la ville africaine à la vitesse d’un tir de kalachnikov. Le Nigéria n’a jamais été aussi près de Tarantino.

Impressions

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Ce livre nous met en immersion au cœur de la nuit à Lagos, capitale économique du Nigeria.

En effet, ce jeune reporter Guy Collins, ayant atterri à Lagos depuis quelques jours, se retrouve malgré lui, au cœur de la poursuite contre l’auteur de ce crime odieux. Avec le meurtre d’une prostituée pour des rituels occultes, l’atmosphère est tragique. Une femme, Amaka, jeune avocate nigériane, telle un ange gardien, se bat pour découvrir et faire éclater la vérité.

J’ai trouvé que c’était un des personnages forts de ce roman. Avec sa détermination, son courage, elle représente la lumière, face à un destin plutôt chaotique pour ces jeunes femmes : la prostitution ou la mort. Grâce à son engagement, elle leur offre un avenir : apprendre, se reconstruire et exercer un métier, pour retrouver leur dignité.

Quant au commissaire Ibrahim, son manque de volonté pour mener l’enquête, laisse place au fil de l’histoire, a beaucoup d’ingéniosité et de perspicacité, pour attraper les coupables.

Entre mensonges, intimidation, corruption, meurtres, recherche effrénée d’argent et désillusion, l’auteur réussit à rendre ces femmes prostituées touchantes. Ce n’est pas une activité choisie. Mais plutôt, la seule option qu’elles ont trouvée, pour subvenir à leurs besoins, et ceux de leurs familles restées au village. La fracture entre riches, des quartiers les plus huppés de Lagos et bien protégés, et pauvres vivant dans des bidonvilles est bien marquée. Deux mondes différents se côtoient, à chaque fois, pour satisfaire un désir d’argent, de plaisir ou de main d’œuvre.

Même si Lagos est une ville qui bouillonne, pleine d’activités en journée et en soirée, elle peut se révéler cruelle, voire mortelle pour les plus faibles, les plus désespérés. La fin du livre m’a un peu stupéfaite, car j’imaginais un scénario tout autre. En lisant la dernière page on se dit, ce n’est pas fini, où est la suite ?

Finalement en tant que premier polar d’un auteur africain que je lis, j’ai été agréablement surprise. C’est un roman sombre, parfois glaçant, ou se mêle des personnages violents, fragiles, et une intrigue palpitante. Hâte de lire d’autres polars d’auteurs africains.

Bon weekend et à bientôt pour d’autres partages de lecture. 🙂

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